Cette célèbre locution latine signifie : « L’erreur est humaine, l’entêtement (dans l’erreur) est diabolique ».

Bien qu’il soit dit que l’erreur est humaine, je suis tentée de penser que nous ne sommes guère indulgents à cet égard. Quel enfant lors d’un devoir sur table ou quel salarié, lors de l’entretien annuel n’a pas tremblé à l’idée d’être corrigé, repris après un échec, une erreur !

Pourtant, l’erreur n’est pas la faute.

Qu’est-ce qui différencie faute et erreur ?

La faute vient du latin falsus qui signifie faux. Il s’agit d’un manquement à une règle, à une norme. On parlera, par exemple, de faute de goût ou de faute d’orthographe. La faute renvoie au pêché originel dans la culture judéo-chrétienne. Elle est négativement et moralement connotée dans l’inconscient collectif et nous charge de culpabilité dont il est difficile de se départir.

L’erreur, quant à elle, vient du latin error qui signifie errer, d’où l’incertitude et l’ignorance qui y sont attachés. Il y a erreur quand la réponse, le résultat, le comportement observé ne correspond pas à ce qui es attendu. Il y a alors méprise, action inconsidérée, défaut de jugement. On dira par exemple, une erreur judiciaire ou une erreur d’appréciation.

Dire que l’erreur est humaine nous renvoie aussi à notre condition humaine, nous êtres incomplets, imparfaits, faillibles et surtout mortels.

Quels sont les effets bénéfiques de l’erreur ?

  • L’erreur fait partie intégrante du processus d’apprentissage et plus particulièrement de ce que l’on appelle la démarche heuristique par laquelle nous avançons par tâtonnements successifs, par essais-erreurs.
  • L’erreur permet de développer de nombreuses qualités personnelles telles que l’humilité, la confiance en soi, la persévérance et encore l’esprit scientifique entre autres. L’esprit scientifique revient à observer, analyser et comprendre son erreur, puis à formuler des hypothèses sur les causes et les autres voies possibles et enfin à tester ses hypothèses.
  • Sur le plan psychique, l’erreur nous permet de mettre à mal notre désir de toute puissance puisque l’erreur est en quelque sorte une confrontation au réel. Ainsi, sauf à être dans le déni, l’erreur nous amène à reconnaître et à accepter nos limites. De plus, lorsque le réel résiste, nous sommes obligés de vivre de la frustration et savoir la gérer est le gage de la maturité affective propre à l’autonomie.

L’erreur est à l’origine de belles inventions !

La tarte tatin est née des suites d’une maladresse d’une des sœurs Tatin. Elles étaient aubergistes en Sologne vers 1898. L’une d’elle, retardée par e bavardage d’un client, s’affole car elle n’a pas prévu de dessert. Elle aperçoit alors des pommes épluchées sur la table. Elle en garnit un moule et y ajoute du beurre et du sucre. Elle enfourne le tout puis se rend compte mais un peu tard que ce qu’elle a concocté n’est ni une tarte, ni des pommes cuites. Elle décide alors de recouvrir le plat d’une pâte à tarte. La cuisson terminée et pour rendre le tout plus appétissant, elle retourne le plat au moment de servir. Et le tour est joué !

 

Alexandre Fleming médecin, biologiste et pharmacologue britannique cherchait un « médicament miracle ». Ne le trouvant pas, il abandonna ses recherches. Puis dans une boite de Pétri qu’il avait écarté sur sa paillasse, il voit une moisissure qui avait dissous toutes les bactéries autour d’elles. Il l’isole et observe alors qu’elle contient un puissant antibiotique appelé pénicilline. Grâce à cette découverte, Fleming recevra le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1945.

En revanche, si l’erreur a de nombreuses vertus, s’enferre dans son erreur, s’entêter, n’est guère recommandé. Il est important de tirer les enseignements de ses erreurs afin de ne pas les réitérer et de progresser.

 

Mariette strub

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