Dans le cadre de sa relation avec le coaché, le coach est en quelque sorte, un médiateur, occupant alternativement 3 postures :
1- médiateur, créateur de lien
2- médiateur, créateur de transition
3- médiateur, tiers séparateur

1- Le coach, créateur de lien

La posture du coach est à concevoir, ici, comme un interface. En effet, dans le cadre du contrat tri-partite qui lie le coach, le coaché et le commanditaire, le coach a pour mission première de construire avec le coaché une relation basée sur la confiance. On parle alors d’alliance. Celle-ci constitue le socle indispensable à la constitution d’un cadre de travail rassurant, (re)donnant au coaché une position de sujet. Ce dernier est alors tout autant responsable de son parcours, qu’invité à utiliser l’étayage proposé par le coach. Celui-ci est en quelque sorte un passeur, un révélateur qui va permettre au coaché de cheminer étape par étape, jusqu’à son objectif.

La notion de lien doit également s’entendre par le fait que le coach va inviter le coaché à faire des connexions entre ce qu’il est, sa personnalité et les actes qu’il pose ou les pensées qu’il élabore. Ainsi, il pourra repérer les répétitions inconscientes dont il peut être l’objet et qui sont sources de dysfonctionnements dans sa relation aux autres et/ou sources de souffrance.

Enfin, le travail de coaching permet parfois de débusquer des forces contraires chez le coaché qui l’empêchent d’agir comme il le souhaiterait au fond. Le coach va permettre à chacune de ces forces, de ces petites voix de prendre leur place, d’exprimer leurs besoins et leurs peurs. Ainsi, il sera possible de générer un dialogue entre ces différentes parties de soi dans lequel « les contraires » sont mis en scène afin de déboucher sur des choix de vie plus productifs, plus confortables et plus justes pour soi.

2- Le coach, créateur de transition

Le coach doit également poser un cadre. Celui-ci est défini dans un espace-temps (lieu, topographie du lieu, durée et espacement des séances). Cette espace de parole peut symboliquement se rapprocher de ce que Winnicott appelle « l’aire transitionnelle » ; cet espace potentiel qui permet à l’enfant dans les premiers mois de sa vie de reconnaître l’existence de la réalité extérieure, comme distincte de lui-même. L’enfant va ainsi concevoir entre l’interne (le Moi) et l’externe (le non-Moi) une aire intermédiaire qui n’appartient ni à l’un, ni à l’autre. Elle sera le territoire de la communication, du langage, du jeu et de l’art. La relation de confiance avec le coach peut, quant à elle, symboliser l’objet transitionnel (le traditionnel « doudou ») qui a pour fonction de réconforter l’enfant, de représenter le passage entre la mère et l’environnement et de rétablir la continuité menacée par la séparation (de l’enfant d’avec sa mère), source d’angoisse.
Ainsi, cet espace de parole va permettre la distanciation nécessaire entre le coach et le coaché mais aussi entre le coaché et le problème qu’il se pose et par là même favoriser une expression libre voire créative, créatrice donc source potentielle de changement.

Par ailleurs, par cette inscription de la démarche de coaching dans un cadre spatio-temporel, le coach invite le coaché à inscrire le temps comme variable essentielle et inhérente à la dynamique du changement qu’il va entreprendre. Il est indiqué ici clairement l’importance de la dynamique de maturation, nécessaire pour intégrer, pour élaborer voire pour modifier certaines de ses croyances, attitudes et comportements.

3- Le coach, tiers séparateur

La médiation peut s’entendre aussi comme coupure puisque changer suppose une rupture avec des schémas de comportements et de pensées anciens, archaïques, inadaptés. Le coach sera alors celui qui opérera cette « castration symbolique » permettant ainsi au coaché de renoncer à un fonctionnement passé inopérant ; même si, d’un certain point de vue, ce mode de fonctionnement pouvait sembler confortable et souvent riche en bénéfices secondaires. Parallèlement, le coach, après avoir créé l’alliance et la confiance avec le coaché, va devoir, en douceur et avec bienveillance, le conduire coaché vers l’autonomie afin qu’il puisse trouver en lui les ressources nécessaires pour poursuivre sa route seul sans l’aide du coach et continuer à « grandir ». Pour cela, il devra responsabiliser le coaché et l’aider à sortir d’une relation au coach qui aura pu, un temps être fusionnelle ou dans la prise en charge. Cette phase qui s’apparente à un deuil symbolique peut être douloureuse pour le coaché.

Mariette Strub

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